Radio Bellevue a son passé, ses archives, ses créateurs d’origine des années 80. Elle a plus encore : de nouvelles sonorités, musiques et chroniqueurs. Elle est faite pour tout un(e) chacune qui peut l’attraper sur son mobile. Le journalisme s’y mêle volontiers à l’art. Ce que l’on donne à entendre n’a rien à voir avec ce que nous avons produit et pourtant tout, comme s’il était savoureux de raconter de nouveau la même histoire, de se recréer une souche, alors que la plupart d’entre nous sont nomades, hors territoire.

Nous n’avons aucune certitude, aucune position ferme, et pourtant nous sommes convaincus que le son, les musiques, les paroles qui font acte nous obligent, au sens où nous sommes ses obligés. On ne saura jamais d’où l’on vient, sauf d’une antenne un jour plantée sur un toit de la rue Saint-Michel à Lyon. Depuis nous avons migré, immigré. Nous sommes tout l’inverse d’une sinécure. Ce qui nous réunit alors ? Ce mot : encore !

RBW naît alors naturellement ou par insémination, allez savoir… RB chéri des années 80 a volontiers cédé sa place à RBW. Nous en sommes fiers parce que nous sommes toqués, taclés, tournebillés et nous aimons ça. Nous nous associons à tous ceux qui pensent encore que la culture n’est que la vérité et, tout à la fois, un leurre. Nous n’avons aucune affinité avec ceux qui font semblant. Trop visibles. Aucune affinité avec ceux qui trichent bien que nous pouvons être très joueurs.

Nous écoutons toutes les voix, nous les mettons en ligne. A chacun d’en faire ce qu’il en pense. Vous entendrez des sons divers venus d’ici ou d’ailleurs. Vous pourrez réagir sur notre site. Nous comptons sur vous. Nos informations viendront du terrain et non d’un copier-coller d’un autre site. Nous serons à vos côtés, comme aux nôtres. Sans état d’âme, sans jugement, sans leçon. Quant à l’élégance, cela dépendra des jours et pour la sape, nous avons beaucoup de sympathie pour les sapeurs. Insouciant oui sinon, nous ne partirions pas dans une telle aventure. Fleur bleue oui, mais pas au fusil, pas pour flinguer, pour le style .

Nous sommes également des « transmetteurs », le mot prof convient mieux. Il s’agit de durer et donc de passer le relais illico presto aux plus jeunes. RBW comme Frigo sont des outils de formation pour des gens qui sortent des Beaux-Art, d’Archi, du Journalisme ou de la Rue. Nous mettrons nos voix en commun en donnant de ce savoir qui nous a constitués avec beaucoup d’effort ou malgré nous. La presse radio Web en général, relate. Nous traiterons l’information, la mettrons en scène. Rock et Kulture, selon le principe de base.

Et si l’on entend rien à ce texte, voici un extrait du livre de Camille de Toledo (« L’inquiétude d’être au monde » ed. Verdier) : « L’inquiétude est le nom que nous donnons à l’impermanence. Elle est dans la prière du père qui attend son enfant, dans l’effroi que dépose en nous l’image d’une mère, à la périphérie de Rome, dans un film de Pasolini. Et aussi, dans ce cri : Ettore ! Si proche de terreur ! »

RBW s’écrit, RBW s’entend.

Marie-Christine VERNAY (MCV).

5 juin 2015